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mercredi 13 novembre 2002 - 22h25

CITES - Après la baleine et l'éléphant, débat sur les petites espèces menacées

SANTIAGO (AFP) - Après la baleine et l'éléphant, qui ont suscité les plus vives polémiques à la 12ème conférence de la CITES sur la faune et la flore menacées, les experts de quelque 140 pays ont examiné mercredi à Santiago la situation préocupante de plusieurs petites espèces animales et végétales menacées.

Un total de 26 espèces de tortues, risquant pour la plupart de disparaître, ont été inclues, après vote du comité chargé d'examiner leur sort, dans l'annexe 2 (commercialisation contrôlée) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Ces tortues, d'Asie dans leur majorité, ont vu ces dernières années leur nombre diminuer dans des proportions inquiétantes en raison de l'exploitation commerciale effrénée et des captures illégales dont elles font l'objet.

Certaines sont particulièrement appréciées en tant que produits alimentaires ou pour leurs vertus médicinales, d'autres comme animaux de compagnie.

La CITES a également décidé de contrôler la commercialisation de l'hippocampe et de l'acajou d'Amérique en les inscrivant à l'annexe 2. Selon les données de l'organisme, le nombre d'hippocampes a considérablement diminué ces dernières années en raison de leur surexploitation.

Les prises ont diminué de 25 à 75% entre 1990 et 1995 dans les principaux pays qui le commercialisent, l'Inde, l'Indonésie, la Thaïlande et les Philippines.

L'hippocampe est utilisé en médecine traditionnelle, vendu séché comme bibelot ou vivant pour les aquariums.

L'acajou d'Amérique est soumis à une exploitation forestière intensive dans 14 pays de la région, du Mexique au sud du Brésil.

Selon une étude de la CITES, la déforestation a réduit les aires de distribution de l'acajou de 60% en Amérique centrale et de 30% en Amérique du Sud au cours des dix dernières années.

Les experts ont par ailleurs décidé de faire passer de l'annexe 2 à l'annexe 1 (commerce interdit), les perroquets Amazona à cou jaune et Amazona à tête jaune d'Amérique centrale et du Mexique, menacés d'extinction par les captures illégales pour les vendre sur le marché international.

L'ara de Coulon, originaire du Pérou, du Brésil et de Bolivie, a également été interdit de commercialisation.

Une proposition visant à inclure le requin-baleine dans l'annexe 2 au commerce contrôlé a été rejetée, notamment à l'initiative du Groenland, de l'Islande et de la Chine.

Selon les ONG défendant les animaux, les populations de requin-baleine, vivant dans les eaux chaudes tropicales, sont en fort déclin en raison de leur surexploitation pour le commerce de la viande et d'ailerons.

L'Australie a par ailleurs décidé de retirer sa proposition de faire figurer la légine, un poisson de l'Antarctique soumis à une surexploitation commerciale, sur la liste des espèces menacées.

Le point de vue du Chili et d'autres pays estimant que la légine est suffisamment protégée dans le cadre de la Convention de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore de l'Antarctique (CCAMLR) a emporté l'adhésion de la majorité.

Lors de la session plénière, qui marquera la fin de leurs travaux, vendredi, les pays membres de la CITES, devront ratifier l'ensemble des décisions adoptées en comité.

Mardi, ils ont autorisé trois pays africains (Afrique du sud, Botswana et Namibie) à vendre, sous strictes conditions à partir de 2004, des stocks d'ivoire provenant d'éléphants morts de cause naturelle et amassés depuis l'interdiction du commerce de ce produit en 1989.

Cette décision a suscité un tollé parmi les organisations de défense des animaux, qui ont estimé qu'elle menaçait directement les éléphants et allait relancer le braconnage et le trafic de l'ivoire.

Le second dossier le plus médiatisé, celui de la baleine, dont la chasse fait l'objet d'un moratoire depuis 1986, a également entraîné la semaine dernière de vives polémiques.

Deux propositions du Japon visant à lever l'interdiction de vente de produits à base de baleine Minke, un rorqual de l'hémisphère nord, et du rorqual de Bryde du nord du Pacifique, avaient alors été rejetées au niveau du Comité.

 

 


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