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jeudi 07 novembre
2002 - 10h00
Putois, belette et martre reclassés parmi les espèces "nuisibles"
PARIS (AFP)
- Trois petits animaux, le putois, la belette et la martre, ont
été reclassés parmi les espèces nuisibles, aux termes d'un arrêté
signé mercredi soir par la ministre de l'Ecologie, Roselyne Bachelot.
Le texte annule
celui publié le 4 avril par son prédécesseur, Yves Cochet (Verts),
qui avait retiré les trois espèces de la liste des nuisibles.
Les espèces nuisibles
peuvent être tirées jusqu'à fin mars et non jusqu'à fin février
comme les autres espèces chassables.
En outre elles
peuvent être détruites toute l'année par des pièges installés
le plus souvent par des chasseurs.
Les trois mammifères
carnivores sont accusés par les agriculteurs de faire des ravages
dans leurs cultures et leurs poulaillers en s'attaquant aux volailles
et aux lapins.
Ils sont également
dénoncés par les chasseurs qui leur reprochent de tuer leur gibier
d'élevage, faisans et perdrix notamment.
Les écologistes
estiment au contraire que les dégâts occasionnés et la prédation
opérée par ces animaux ne sont "pas significatifs".
Ils veulent protéger
les trois espèces qui sont, selon eux, en mauvais état de conservation.
La signature de
l'arrêté est intervenue trois heures et demie après une réunion
du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS),
un organisme consultatif réunissant chasseurs, écologistes, administration
et scientifiques qui est obligatoirement consulté sur les décrets
et arrêtés ministériels de son ressort.
Un représentant
de l'association France nature environnement au CNCFS, Pierre
Athanaze, a affirmé que la réunion avait été "un simulacre de
concertation".
Il a jugé que Mme
Bachelot avait fait "un cadeau à l'extrême chasse pour des raisons
purement politiques".
D'après lui, l'arrêté
"sera certainement attaqué" en justice par les écologistes au
motif que les espèces controversées ne remplissent pas les conditions
légales de classement en nuisibles, à savoir provoquer des dégâts
économiques importants et poser des risques pour les autres animaux
et la flore.
Dans l'entourage
de Mme Bachelot, on rappelle que la ministre arrête seulement
une liste d'espèces "susceptibles d'être classées nuisibles",
le classement effectif étant opéré chaque année par les préfets
selon la situation locale.
Il n'existe actuellement
"aucune donnée fiable" sur les trois animaux en question et une
étude à leur sujet va être demandée à l'Observatoire de la chasse
et de la faune sauvage créé récemment par Mme Bachelot.
Si l'étude révèle
qu'ils sont en voie de disparition, "on interdira alors leur piégeage".
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