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mercredi 06 novembre 2002 - 22h30

CITES - Baleines et ivoire: le Japon au banc des accusés

SANTIAGO (AFP) - Le Japon, fervent défenseur de la chasse à la baleine et grand consommateur d'ivoire, faisait figure d'accusé, mercredi à Santiago, à 12ème conférence de la CITES sur la faune et la flore menacées.

Ce pays est au centre d'une vive polémique ouverte mardi lorsqu'il a proposé la levée de l'interdiction de vente de produits à base de deux espèces de baleines, alors que plusieurs Etats et organisations non gouvernementales l'accusent également d'être le principal instigateur du trafic illégal d'ivoire.

Le Japon a demandé la reprise du commerce des produits à base de rorquals de l'hémisphère nord et de rorquals de Bryde du nord du Pacifique, figurant actuellement sur la liste des espèces en danger de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Les autorités japonaises arguent que les populations de ces deux espèces sont "saines et robustes" et que la majorité des produits qui en seraient tirés seraient consacrés à la recherche scientifique.

La proposition japonaise a été rejetée par le secrétaire général de la CITES, le Hollandais Willem Wijnstekers, qui a recommandé aux 160 pays membres d'en faire de même.

L'organisation non gouvernementale Species Survival Network (SSN), regroupant 65 associations de défense de l'environnement et de protection des animaux à travers le monde, a estimé que si la motion japonaise était adoptée elle pourrait entraîner une véritable "crise pour la protection des cétacés".

Selon la CITES, le Japon chasse chaque année quelque 540 baleines, dans le cadre d'un programme présenté comme étant "scientifique" par les autorités japonaises qui utilisent ainsi le flou juridique entourant le moratoire international sur la chasse à la baleine instauré en 1986.

Hormis le Japon qui s'appuie sur disposition qui permettrait de tuer chaque année des centaines de petits rorquals et d'autres baleines "à des fins de recherche", seule la Norvège défie actuellement ce moratoire.

Le Japon a également été mis sur la sellette par les représentants de la Chine et de l'Inde, ainsi que par des ONG présentes à Santiago, qui l'accusent d'être le principal responsable de l'augmentation du trafic d'ivoire.

Les autorités de ce pays, principal consommateur de ce produit, oeuvrent en faveur de la reprise du commerce d'ivoire, interdit depuis 1989, selon eux.

Cinq pays africains, l'Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe souhaitent pour leur part écouler quelque 80 tonnes actuellement dans leurs stocks. Dénonçant le trafic illégal d'ivoire en Asie, le représentant chinois à la CITES en a rendu responsable le Japon. "Au Japon, il y a beaucoup de trafic d'ivoire, principalement celui d'Asie", a affirmé M. Zu Wan Ziming.

Le Japon est actuellement le principal acheteur d'ivoire asiatique, dont la commercialisation illégale provoque la mort de 130 éléphants par an en Chine, pays qui compte un total de 35.000 pachydermes, a-t-il expliqué.

Selon la CITES, la principale saisie d'ivoire a été effectuée en avril dernier à Singapour où les autorités ont intercepté une embarcation transportant six tonnes d'ivoire zambien destinées au Japon.

La conférence doit examiner jusqu'au 15 novembre une soixantaine de propositions destinées à gérer un marché complexe et lucratif, allant des éléphants aux orchidées, en passant par les baleines, les hippocampes, des oiseaux, des reptiles ou l'acajou.

La CITES ou Convention de Washington, signée en 1973, est un outil de réglementation commerciale répertoriant les différents animaux ou végétaux dans trois catégories (sous forme d'annexes), en fonction du danger que leur vente ferait peser sur leur survie.

 


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