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mercredi 06
novembre 2002 - 10h40
CITES
- Baleines
: le Japon pour la reprise du commerce de certains produits
SANTIAGO (AFP)
- Le Japon, grand défenseur de la chasse à la baleine, a suscité
une vive polémique mardi à la conférence de la CITES sur la faune
et la flore menacées se déroulant à Santiago en proposant la levée
de l'interdiction de vente de produits à base de deux espèces
de cétacés.
Il a demandé la
reprise du commerce des produits à base de rorquals de l'hémisphère
nord et de rorquals de Bryde du nord du Pacifique, figurant actuellement
sur la liste des espèces en danger de la Convention sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées
d'extinction (CITES).
Les autorités japonaises
arguent que les populations de ces deux espèces sont "saines et
robustes" et que la majorité des produits qui en seraient tirés
seraient consacrés à la recherche scientifique.
La proposition
japonaise est soutenue par la Norvège et l'Islande, dont les eaux
recèlent un grand nombre de cétacés, dont ils souhaitent exporter
les produits en provenant.
Elle a cependant
été rejetée par le secrétariat général de la CITES. Son chef,
le Hollandais Willem Wijnstekers, a recommandé aux pays membres,
160 au total, de ne pas la soutenir.
Le Chili a également
rejeté l'offre de Tokyo, vivement critiquée par des organisations
non gouvernementales de défense de la nature.
Species Survival
Network (SSN), regroupant 65 associations de défense de l'environnement
et de protection des animaux à travers le monde, a dénoncé l'initiative
du Japon, affirmant que ce pays faisait pression sur les nations
en développement afin qu'elles votent en sa faveur.
"La seule chose
que souhaite le Japon c'est sortir chasser la baleine", a déclaré
à la presse Kitty Block, responsable du secteur baleines et dauphins
de la SSN.
Le Centre de Conservation
des cétacés du Chili a pour sa part remis au secrétariat de la
CITES une pétition portant la signature de 24.000 Chiliens opposés
à la chasse à la baleine.
Selon des chiffres
de la CITES, le Japon chasse chaque année quelque 540 baleines,
dans le cadre d'un programme présenté comme étant "scientifique"
par les autorités japonaises.
Tokyo estime que
les populations de baleines dans le monde se sont reconstituées
à un niveau permettant une reprise de la chasse commerciale et
affirme que ces cétacés entament les ressources halieutiques humaines.
Plusieurs pays
d'Amérique latine (Chili, Argentine et Bolivie) ont par ailleurs
proposé mardi de permettre la commercialisation de la laine de
certaines populations de vigognes, un petit camélidés des Andes,
actuellement soumises à une interdiction d'exploitation commerciale.
Cette suggestion
a également été vilipendée par les organisations de défense des
animaux, soulignant qu'elle pourrait menacer l'espèce si elle
était appliquée.
Les deux motions
continueront à faire l'objet de discussions tout au long de la
12ème conférence de la CITES, qui doit examiner, jusqu'au 15 novembre,
une soixantaine de propositions destinées à gérer un marché complexe
et lucratif basé sur l'exploitation du monde animal et végétal.
La CITES ou Convention
de Washington, signée en 1973, est un outil de réglementation
commerciale répertoriant les différents animaux ou végétaux dans
trois catégories (sous forme d'annexes), en fonction du danger
que leur vente ferait peser sur leur survie.
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