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mardi 15 octobre 2002 - 17h50

Une nouvelle "guerre" pour les éléphants à la réunion de la CITES

PARIS (AFP) - Les défenseurs des éléphants, toujours menacés par le commerce de l'ivoire, partiellement rouvert depuis 1997, tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme, à quelques semaines d'une importante réunion internationale sur les espèces en danger.

Plus de 300.000 signatures contre la reprise du commerce international de l'ivoire ont été collectées à ce jour en France, pour dénoncer les conséquences de cette décision, qui encourage le braconnage et met en péril la survie de l'espèce.

"Une décision vitale pour l'avenir des éléphants sera prise en novembre à Santiago-du-Chili, lors de la douzième réunion des parties de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES)", a déclaré à l'AFP le grand spécialiste français de la faune sauvage, Pierre Pfeffer, vice-président de la Société nationale de protection de la nature (SNPN).

La SNPN, tout comme la Fondation ligue française des droits de l'animal, la Fondation 30 millions d'amis et le ROC-Ligue pour la préservation de la faune sauvage, la Fondation Brigitte Bardot ou Robin des Bois, dénoncent la poursuite de ce commerce "meurtrier" à l'approche du Conseil européen de l'environnement.

Le conseil doit arrêter vendredi à Luxembourg la position de l'Europe sur les différents dossiers à l'ordre du jour de la réunion de Santiago, notamment les pachydermes d'Afrique et d'Asie.

Avant que l'ensemble des éléphants n'ait été inscrit, en 1989, à l'annexe I (interdisant tout commerce international) de la CITES (ou Convention de Washington), deux millions d'éléphants ont été tués, en vingt ans, pour leurs défenses.

Des jours bien meilleurs semblaient alors s'annoncer pour eux jusqu'à ce que, huit ans plus tard, trois pays d'Afrique australe (Botswana, Namibie et Zimbabwe) obtiennent le transfert des éléphants de leur région vers l'annexe II (réglementation par le biais de permis) afin de pouvoir vendre au Japon un stock existant d'une soixantaine de tonnes d'ivoire brut.

Face à la recrudescence du braconnage signalée au Tchad, au Ghana, au Congo, en Centrafrique ou au Kenya, lors de la réunion suivante de la CITES, en 2000, le Kenya et l'Inde ont réclamé le retour des éléphants à l'annexe I, avant d'abandonner, à la surprise quasi générale, leur revendication.

La CITES 2000 a donc maintenu la situation de 1997, sans accorder toutefois de nouveaux quotas d'exportation, et a de plus accordé à l'Afrique du Sud une autorisation pour la vente de peaux et de produits d'éléphant.

Principale justification : il est impossible de démontrer le lien entre la reprise du braconnage et la réouverture du commerce d'ivoire.

A ce jour, les quatre pays d'Afrique australe disposeraient d'un stock de 70 tonnes d'ivoire brut. Un cinquième pays, la Zambie, a annoncé qu'il réclamerait le déclassement de ses éléphants afin de pouvoir écouler 17 tonnes de défenses entières.

"Après avoir joué un rôle majeur en 1989, la France doit devenir leader dans la mobilisation de l'Europe", estime Pierre Pfeffer, directeur de recherche émérite au Muséum national d'histoire naturelle.

"Il faut déclencher une guerre autour d'une table de conférences contre la véritable guerre pratiquée par des braconniers puissamment armés, tirant aussi bien sur les éléphants que sur les agents qui ont encore le courage d'assurer la protection de la faune", ajoute-t-il.

(Photo : Mawar, un éléphant d'un an, au centre pour éléphant de Pahang en Malaisie)

 


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