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vendredi 04
octobre 2002 - 10h30
Guerre
et braconnage menacent d'extinction les grands singes du Congo
KINSHASA (AFP) - Les grands
singes de la République démocratique du Congo - gorilles des montagnes
du Kivu (est) ou bonobos des forêts de l'Equateur (nord) - sont
menacés à moyen terme d'extermination en raison du braconnage
pratiqué par les populations rurales et les groupes armés qui
s'en nourrissent, selon des scientifiques.
"Si nous n'agissons
pas maintenant pour les protéger, la plupart des populations de
grands singes disparaîtront dans les 20 années à venir", estime
un écologiste britannique responsable d'un projet du Programme
des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Redmond Ian Redmond
Ian, qui a passé trois ans à étudier les grands primates à Keresoki
(Sud-Kivu), a affirmé à l'AFP que les trois espèces qui vivent
à l'état sauvage en RDC - chimpanzés (pan paniscus), bonobos,
et gorilles des montagnes (gorilla gorilla) - sont systématiquement
braconnés par la population rurale pour leur viande.
Ils le sont aussi,
depuis 1998, par les armées des rébellions congolaises et leurs
alliés militaires du Rwanda et de l'Ouganda qui - non contents
de chasser les grands singes - ont expulsé des forêts leurs premiers
protecteurs et habitants de l'Afrique centrale, les pygmées, dont
la présence assurait l'équilibre de l'écosystème de cette région.
Réunis à Kinshasa,
une centaine de responsables d'organismes de protection de l'environnement
des 11 provinces de la RDC sont convenus que la seule manière
de sauver les grands singes - "richesse du pays au même titre
que l'or, le diamant et le cuivre" - était de leur attribuer un
statut spécial leur assurant "l'immunité" même en temps de conflit
armé.
"Tout autant que
les hommes, ces jardiniers de la forêt doivent bénéficier d'une
protection", ont réclamé les défenseurs de l'environnement qui
ont demandé au gouvernement de Kinshasa l'adoption d'une nouvelle
législation qui permette de préserver les populations de ces espèces
rares. Leur décompte est pratiquement impossible en raison des
difficultés d'accès et de la dangerosité des zones où ils vivent.
La RDC est l'unique
et dernier sanctuaire au monde pour trois des quatre espèces de
grands singes: les chimpanzés - qui sont avec les bonobos l'espèce
vivante dont le comportement est le plus proche de celui de l'homme
- et les gorilles localisés sur les Monts Ruwenzori en bordure
du Lac Albert.
La quatrième espèce,
l'orang-outang -le plus grand des singes arboricoles- vit dans
deux pays d'Asie, la Malaisie et l'Indonésie.
"La protection
de ces animaux qui attirent des touristes permettra au pays de
se développer", a assuré M. Ian évoquant la fin de la guerre et
la normalisation de la situation en RDC.
Reste que les recommandations
des écologistes resteront lettre morte tant que les politiques
congolais n'auront pas adopté une politique du tourisme et de
l'environnement et et du tourisme.
"Il faut créer
une police de protection de la nature, réglementer l'accès aux
sites touristiques, et mettre fin au commerce des +singes de compagnie+
vendus à vil prix à des expatriés qui les abandonnent ensuite",
a déclaré à l'AFP un spécialiste des chimpanzés.
Mais ces recommandations
sont difficiles à appliquer dans un pays-continent - dont le nord
traverse l'Equateur et l'extrême sud-est le Tropique du Capricorne
- où la population souffre de la faim alors que sévissent encore
des bandes armées, indifférentes au sort des grands primates.
(Photo : Gorilles
d'Afrique)
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